Mardi 30 décembre 2008
1
et si demain, matin
et si demain , je me souviens
et si demain, vient
et si demain, viens
et si demain ne vient
et si seulement, demain t'attend
t'atteind
tu auras les matins du monde
immondes
à ta main.
2
Longtemps que je n'ai croisé votre route, petite
décroisés les doigts
écrasé le cœur
décrassé le ciel d'un nuage à la vapeur.
Longtemps que je n'ai croisé ta route, petite
décroisé mes conquêtes
un pleur affalé.
3
Vendredi et Samedi ne me disent plus rien
qu'une vague fièvre
qui emmène une tonne de cons édifier des montagnes
que dimanche bénira d'eau croupie
et comme ça au moins cinquante-deux fois par morceaux de calendrier des pompiers.
4
j'ai parcouru des chemins sinueux
j'ai parcouru tes sinus jusqu'en leur milieu
j'ai massé tes soucis pour qu'ils s'éteignent
j'ai massé tes sourcils pour qu'il s'étreignent
j'ai soufflé les bougies
j'ai soufflé les textes
j'ai même soufflé les vents de la révolte au-dessus d'un poil
mais je reste comme ça pendu au dessus de ton visage qui pose aux yeux clos,
qui repose comme çà en paix sur le réticulé d'entre mes doigts en éventail.
5
T'es pas poussé des haricots
T'es pas poussé des p'tits cochons
T'es pas poussé à la roue
T'es pas poussé au suicide
T'es pas poussé aux crimes
en retranchements
T'es pas poussé des haricots
T'es pas encore dans nos mains
T'es pas poussé du tout encore
T'es pas poussé à bout du monde dont je ne vois plus le bord
T'es pas poussé dans les orties
T'es pas poussé à bout par les cons dont je n'imagine plus le nombre
Attends d'être né avant.
6
Je t'ai écrit bien profond tout ça
J'ai mis un point d'honneur à la fin de mes bras
ma Fender avec les doigts ça hurlait tout ça
et je me suis rappelé que je t'aimais
alors on s'est couché la tête sur deux kilos de duvet
j'avais la tête de plomb et toi des cheveux faibles, torsadés à en faire des nœuds avec mes lèvres.
crois -tu que je sois le seul à crier?
N'entends-tu pas le bruits des pas au-dehors, des boulets accrochées?
Tais-toi tu m'as dit et on s'est endormi comme ça avec le coeur dans la main et les sous-vêtements au pied du lit.
Plus tard, je me suis levé pour pisser et mes pieds se sont pris dans le cordon de la nuit.
7
Je suis d'un calme qui fait s'endormir les lauriers sur les tombes du savoir
je suis d'un calme qui fait s'enfuir au loin les oiseaux migrateurs
je suis d'un calme olympien qui fait marrer les thons de méditerranée
je suis d'un calme depuis que je chevauche les cinq minutes qui m'ont séparé de toi nue.
j'aimerais rire de bonheur.
8
tu me racontes une nouvelle de Maupassant
avec tes mots passants
avec ta voix passée
avec tes yeux absents
avec ton cœur ouvert
et je voudrais que jamais cela ne cesse
tes yeux absents.
9
et si jamais un jour tu devais mettre un genoux à terre alors je serais sol.
Je serais celui-là,je serais solide, je serais poussière.
Je retournivra de là où je viens, en toi, et t'agraferai des ailes en plumes d'oreiller. Curieux attelage.
10
J'avais ouvert grand la bouche et ce sont des cendres qui s'en sont échappées
J'avais remué les cendres du passé avec la bouche
un brasier
un boléro
un braséro
une échappée-belle
un rescapé
hey, demain est-il fait de feu encore ou je me trompe?
11
J'ai tellement bu que je je me vois au goulot
J'ai tellement du que je me tue au boulot
j'ai tellement vu que je me vois aveugle
j'ai tellement dit que mes mots sont morts d'abord.
J'ai tellement pensé à toi que ma cervelle repose dans un ballon.
et je beugle
et je mort
et je con
je me ressaisirais d'effroi si tu me voyais ainsi.
12
Crois-tu vraiment que les souffrances dont je fais abjectes ritournelles
ne sont que ribambelle de cailloux comme ça qui se percutent au coeur par plaisir ?
Non, si, pas vraiment, le chant des cailloux d'aorte me crève à en rire aussi.
13
j'avais effectivement imaginé les choses autrement
ailleurs
un autre temps
une autre fois encore
Putain pas le temps
d'acheter le temps en bas grésille
aux bords sur les talons de la renverse
juché sur des aiguilles.
14
hier ne ressemblait plus à l'idée que je m'en était faite.
disons déjà plus
disons déjà parti
hier ne ressemblait plus à l'idée dont j'étais fait
disait jamais plus
disait déjà fini.
passé dirons-nous. Pourri lui-même.
15
Merci de mettre un peu de soleil dans ma gueule quand j'aboie
c'est que sans lui je me ferais une niche comme ça bleue avec le toit en pente douce et je me pendrais avec ma laisse.
Sans lui je ferais de la balançoire les yeux blancs, en cravate à clous.
le vrai soleil n'en aurait rien à foutre en vrai.
16
j'ai pas bien listé les pathologies qui me noient
j'ai écouté ta voix si douce
j'ai guéri de l'immédiat
passant de sans-soucis
17
Mon souhait était de dérouler les barbelés qui saignaient tes commissures mais je n'ai pas de gants. Alors j'ai lapé le sang mêlé de rouille du mieux que j'ai pu.
J'ai rigolé cela faisait un marron glacé sur la langue.
18
les amateurs des montres et pendules
les artisans d'orgues et carrillons
les rêveurs de cloches
les sonneurs d'angélus
tout ce joli monde fait son décompte, mou,
fait sa découpe
Hey, t'as pas d'autre ami que le temps?
Shake your tailfeathers
to the twist.
19
en attendant le retour des beaux-jours je te prend sans relâche
pour un siège-baquet
sous la ceinture de sécurité tu ne me nourris que de ta langue, échaffaude les tendresses de demain cheveux gris où la chair ne compte plus mais les gestes.
J'voudrais être vieux avant l'âge.
J'voudrais être sage avant toi.
20
et c'est comme ça toute la sainte-journée
et c'est comme ça à mainte-reprise
et c'est comme ça que s'en va la vie rien que pour te dire
qu'il n'en est rien de mes mots égos de traviole
que finalement oui, nous somme libres et égaux en droit.
sous le même toit.
et tant pis si l'encre s'efface un peu avec l'âge, qui le regrettera?
21
on aime
on sème
on égrenne
on aide
et au final
on mord
on meurt,
par le cou
par des coups
sous les cons
sous les ponts
balafrés
des affronts
on meurt,
tout d'un coup
pas nous mais aime.
on aime
on rêve
on sève
on plaide
et au final
on mord
on meurt
d'amour
d'Adour
d'Oradour
basanés
des affronts
on à peur,
tout d'un coup
pas de nous mais d'aime.
on aime
on serre
on tresse
on caresse
et au final
on mord
on meurt
d'amnésie
d'obscurci
d'obéi
balafrés
des affronts
on à peur
tout d'un coup
de plus de aime dans aime.
de plus de homme dans homme
de plus de sourires dans les dents
de plus de sourires sur nos gencives
et on meurt
d'un coup
pendu au cou
pendu par le cou
merde au cul
bandant
lynché, jaloux, flétri
jugé, lâché, fléchi
soudainement aime n'est plus que toi et moi
car les autres ont merde à la gueule
aime qui se retourne
aime qui se rappelle au bon souvenir de c'était avant que
que c'était parce que
que c'était comme si
mais c'était dans l'intention de
alors encore
soudainement aime n'est plus que toi et moi
plus jamais d'autres
alors plus que jamais
on baise
on s'aime
on s'aide
on se supporte
on se soupente
on s'attèle
on se suture
on se murmure
et au final
on baise
on s'aime
on s'aide
on se supporte
on se souvient
qu'au final
on s'aide
on s'aime
on se chuchote
on se dorlote
on se pelote
entre les draps
entre les sacs
entre les nœuds
entre les creux
dans les fins-fonds
aime n'est plus que toi et moi
sans jamais d'autres
22
attendre la fin du cycle
et crier le vrai dans l'espoir que je ne fusse plus cru
les beaux jours reviendrons forcément
je les admire sur le lustre d'une goutte qui chois.
sur le silence qui s'éteint
j'y accole mon oreille et l'œil.
23
j'ai perdu les mots de passe
j'ai perdu le fil des passes
j'épervier
j'aigle
je vole hein?
24
les murs de Berlin que l'on élève à nouveau
sont partout
les murs de Berlin que l'on croyait cassés de cailloux
sont partout
les murs de Berlin que l'on élève à nouveau
sont en nous.
25
La flotte avait un goût d'oxyde de fer et l'air était chargé de plomb, de la vapeur des bouilloires à Xiao Zi. C'était dingue comme on s'aimait la première fois. Nue en pullover sur le lit de gauche je t'avais perdu du regard sous tes draps. C'était le matin brume, en gants de cuir tu ressembles à un "gentleman" tu m'avais dit, dors-tu toujours en pull l'hiver et serais-tu troublé que je te tiennes la main? J'avais répondu tous ça dehors sur les trottoirs cassées sous les rocades et en plein bruit. Fais comme il te semble bon tu avais répondu crois-tu en Dieu? Les chambres doubles ne sont pas faites pour les amoureux et la vapeur des raviolis enfumait nos pas. Sais-tu conduire une bicyclette , non j'avais répondu pour mentir m'apprendras-tu ? Il y avait trop peu de sucre brun dissous sur le dessus du lait de soja tiédi mais je n'avais pas osé te le dire.
Allons donc chercher un truc prisonnier de l'ambre, et mon coeur tremblait pas qu'un peu.
26
Il ya cette fois une ferme de crocodiles en face de chez moi, un orphelinat, une église à croix bleue, un restaurant indien et deux hotels de passes, une poste et des fruits en étal. Le bruit du manège des taxis ne m'atteint pas car le double vitrage m'aseptise. Je pense une larme à l'œil aux crocodiles plus que de raison. Je profite des derniers délices de la pluie car c'est bon.
27
J'ai les quarantièmes rugissants à croiser plus tard et ça me guette. Je m'imagine surveiller l'an d'un haut de mirador. J'aurais souhaité le temps prisonnier comme tout le monde, la décade éternelle et ne jamais dépasser le trente en ville mais ce n'est qu'utopie. Utopie pour un con, requiem pour deux ans. Heureusement, j'ai un clop au bec.
28
Au Ruinard
Je carli Bruni
Au Henriot
je nikki Sarko
Au Debussy
j'écoute la nuit qui s'envole dans une douceur sans pareille au même.
la rage ne s'éteint pas la lumière fût.
29
Propagande
Scolopendre
Militante
en salle d'attente
que demain soit déjà trop tard
que demain soit encore
et toujours merde
combat
et re-combat
et diatribe
et vilipende
et scolopendre
propagande
Militante
démagogue
que le monde s'achève seul
les temps heureux, nomades, néolithiques
c'est loin déjà tout ça
c'est trop tard déjà pour tout ça.
30
je ne fais plus rien d'autre que t'écrire des je t'aime
je ne suis plus grand chose que je t'aime
je ne suis plus grand chose
plus grandiose
plus grand
plus gras
plus dégoulinant
plus baveux
syrupeux oui j'ai mis un Y
comme en anglais
comme en gabonnais
comme en Bohême
comme en Tartare
cru
comme en Navarin
cuit
j'ai mal à la langue , aujourd'hui tu n'en goûteras que la pointe.
31
tais-moi fait moi silence
tête-moi fait moi silence
t'es moi fait moi silence
taie moi fait moi oreiller
taille moi, fait moi de l'air
taille fine fait moi danser
emmène-moi encore hors des pierres de taille
vers les hors-de-moi
loin des hordes de moi
ma foi
aime moi encore si tu veux que je me taise
aime moi encore si tu veux que je me taille
la mine
que je sois crayon
que je sois rayon
que je sois, solaire
que je sois, taille basse
pantalon
poltron
prends moi la taille
oui prends moi encore
ajuste moi bien
prends-moi pour cible
prends-moi pour sable
je m'écoulerai dans ta main
je ne m'écouterai plus chanter.
32
Ça fait combien de temps qu'on a pas cassé la Kassav
Que t'a pas mangé le pot du piment
que j'ai pas regardé les chaumes de canne qui crament
qu'on n'a pas zouké que t'as pas mis ton paréo
qu'on a pas biguiné une nouvelle histoire
que l'ouragan t'as pas parlé
que les crabes ne se sont pas planqués dans leurs trous.
c'est tout.
et si demain, matin
et si demain , je me souviens
et si demain, vient
et si demain, viens
et si demain ne vient
et si seulement, demain t'attend
t'atteind
tu auras les matins du monde
immondes
à ta main.
2
Longtemps que je n'ai croisé votre route, petite
décroisés les doigts
écrasé le cœur
décrassé le ciel d'un nuage à la vapeur.
Longtemps que je n'ai croisé ta route, petite
décroisé mes conquêtes
un pleur affalé.
3
Vendredi et Samedi ne me disent plus rien
qu'une vague fièvre
qui emmène une tonne de cons édifier des montagnes
que dimanche bénira d'eau croupie
et comme ça au moins cinquante-deux fois par morceaux de calendrier des pompiers.
4
j'ai parcouru des chemins sinueux
j'ai parcouru tes sinus jusqu'en leur milieu
j'ai massé tes soucis pour qu'ils s'éteignent
j'ai massé tes sourcils pour qu'il s'étreignent
j'ai soufflé les bougies
j'ai soufflé les textes
j'ai même soufflé les vents de la révolte au-dessus d'un poil
mais je reste comme ça pendu au dessus de ton visage qui pose aux yeux clos,
qui repose comme çà en paix sur le réticulé d'entre mes doigts en éventail.
5
T'es pas poussé des haricots
T'es pas poussé des p'tits cochons
T'es pas poussé à la roue
T'es pas poussé au suicide
T'es pas poussé aux crimes
en retranchements
T'es pas poussé des haricots
T'es pas encore dans nos mains
T'es pas poussé du tout encore
T'es pas poussé à bout du monde dont je ne vois plus le bord
T'es pas poussé dans les orties
T'es pas poussé à bout par les cons dont je n'imagine plus le nombre
Attends d'être né avant.
6
Je t'ai écrit bien profond tout ça
J'ai mis un point d'honneur à la fin de mes bras
ma Fender avec les doigts ça hurlait tout ça
et je me suis rappelé que je t'aimais
alors on s'est couché la tête sur deux kilos de duvet
j'avais la tête de plomb et toi des cheveux faibles, torsadés à en faire des nœuds avec mes lèvres.
crois -tu que je sois le seul à crier?
N'entends-tu pas le bruits des pas au-dehors, des boulets accrochées?
Tais-toi tu m'as dit et on s'est endormi comme ça avec le coeur dans la main et les sous-vêtements au pied du lit.
Plus tard, je me suis levé pour pisser et mes pieds se sont pris dans le cordon de la nuit.
7
Je suis d'un calme qui fait s'endormir les lauriers sur les tombes du savoir
je suis d'un calme qui fait s'enfuir au loin les oiseaux migrateurs
je suis d'un calme olympien qui fait marrer les thons de méditerranée
je suis d'un calme depuis que je chevauche les cinq minutes qui m'ont séparé de toi nue.
j'aimerais rire de bonheur.
8
tu me racontes une nouvelle de Maupassant
avec tes mots passants
avec ta voix passée
avec tes yeux absents
avec ton cœur ouvert
et je voudrais que jamais cela ne cesse
tes yeux absents.
9
et si jamais un jour tu devais mettre un genoux à terre alors je serais sol.
Je serais celui-là,je serais solide, je serais poussière.
Je retournivra de là où je viens, en toi, et t'agraferai des ailes en plumes d'oreiller. Curieux attelage.
10
J'avais ouvert grand la bouche et ce sont des cendres qui s'en sont échappées
J'avais remué les cendres du passé avec la bouche
un brasier
un boléro
un braséro
une échappée-belle
un rescapé
hey, demain est-il fait de feu encore ou je me trompe?
11
J'ai tellement bu que je je me vois au goulot
J'ai tellement du que je me tue au boulot
j'ai tellement vu que je me vois aveugle
j'ai tellement dit que mes mots sont morts d'abord.
J'ai tellement pensé à toi que ma cervelle repose dans un ballon.
et je beugle
et je mort
et je con
je me ressaisirais d'effroi si tu me voyais ainsi.
12
Crois-tu vraiment que les souffrances dont je fais abjectes ritournelles
ne sont que ribambelle de cailloux comme ça qui se percutent au coeur par plaisir ?
Non, si, pas vraiment, le chant des cailloux d'aorte me crève à en rire aussi.
13
j'avais effectivement imaginé les choses autrement
ailleurs
un autre temps
une autre fois encore
Putain pas le temps
d'acheter le temps en bas grésille
aux bords sur les talons de la renverse
juché sur des aiguilles.
14
hier ne ressemblait plus à l'idée que je m'en était faite.
disons déjà plus
disons déjà parti
hier ne ressemblait plus à l'idée dont j'étais fait
disait jamais plus
disait déjà fini.
passé dirons-nous. Pourri lui-même.
15
Merci de mettre un peu de soleil dans ma gueule quand j'aboie
c'est que sans lui je me ferais une niche comme ça bleue avec le toit en pente douce et je me pendrais avec ma laisse.
Sans lui je ferais de la balançoire les yeux blancs, en cravate à clous.
le vrai soleil n'en aurait rien à foutre en vrai.
16
j'ai pas bien listé les pathologies qui me noient
j'ai écouté ta voix si douce
j'ai guéri de l'immédiat
passant de sans-soucis
17
Mon souhait était de dérouler les barbelés qui saignaient tes commissures mais je n'ai pas de gants. Alors j'ai lapé le sang mêlé de rouille du mieux que j'ai pu.
J'ai rigolé cela faisait un marron glacé sur la langue.
18
les amateurs des montres et pendules
les artisans d'orgues et carrillons
les rêveurs de cloches
les sonneurs d'angélus
tout ce joli monde fait son décompte, mou,
fait sa découpe
Hey, t'as pas d'autre ami que le temps?
Shake your tailfeathers
to the twist.
19
en attendant le retour des beaux-jours je te prend sans relâche
pour un siège-baquet
sous la ceinture de sécurité tu ne me nourris que de ta langue, échaffaude les tendresses de demain cheveux gris où la chair ne compte plus mais les gestes.
J'voudrais être vieux avant l'âge.
J'voudrais être sage avant toi.
20
et c'est comme ça toute la sainte-journée
et c'est comme ça à mainte-reprise
et c'est comme ça que s'en va la vie rien que pour te dire
qu'il n'en est rien de mes mots égos de traviole
que finalement oui, nous somme libres et égaux en droit.
sous le même toit.
et tant pis si l'encre s'efface un peu avec l'âge, qui le regrettera?
21
on aime
on sème
on égrenne
on aide
et au final
on mord
on meurt,
par le cou
par des coups
sous les cons
sous les ponts
balafrés
des affronts
on meurt,
tout d'un coup
pas nous mais aime.
on aime
on rêve
on sève
on plaide
et au final
on mord
on meurt
d'amour
d'Adour
d'Oradour
basanés
des affronts
on à peur,
tout d'un coup
pas de nous mais d'aime.
on aime
on serre
on tresse
on caresse
et au final
on mord
on meurt
d'amnésie
d'obscurci
d'obéi
balafrés
des affronts
on à peur
tout d'un coup
de plus de aime dans aime.
de plus de homme dans homme
de plus de sourires dans les dents
de plus de sourires sur nos gencives
et on meurt
d'un coup
pendu au cou
pendu par le cou
merde au cul
bandant
lynché, jaloux, flétri
jugé, lâché, fléchi
soudainement aime n'est plus que toi et moi
car les autres ont merde à la gueule
aime qui se retourne
aime qui se rappelle au bon souvenir de c'était avant que
que c'était parce que
que c'était comme si
mais c'était dans l'intention de
alors encore
soudainement aime n'est plus que toi et moi
plus jamais d'autres
alors plus que jamais
on baise
on s'aime
on s'aide
on se supporte
on se soupente
on s'attèle
on se suture
on se murmure
et au final
on baise
on s'aime
on s'aide
on se supporte
on se souvient
qu'au final
on s'aide
on s'aime
on se chuchote
on se dorlote
on se pelote
entre les draps
entre les sacs
entre les nœuds
entre les creux
dans les fins-fonds
aime n'est plus que toi et moi
sans jamais d'autres
22
attendre la fin du cycle
et crier le vrai dans l'espoir que je ne fusse plus cru
les beaux jours reviendrons forcément
je les admire sur le lustre d'une goutte qui chois.
sur le silence qui s'éteint
j'y accole mon oreille et l'œil.
23
j'ai perdu les mots de passe
j'ai perdu le fil des passes
j'épervier
j'aigle
je vole hein?
24
les murs de Berlin que l'on élève à nouveau
sont partout
les murs de Berlin que l'on croyait cassés de cailloux
sont partout
les murs de Berlin que l'on élève à nouveau
sont en nous.
25
La flotte avait un goût d'oxyde de fer et l'air était chargé de plomb, de la vapeur des bouilloires à Xiao Zi. C'était dingue comme on s'aimait la première fois. Nue en pullover sur le lit de gauche je t'avais perdu du regard sous tes draps. C'était le matin brume, en gants de cuir tu ressembles à un "gentleman" tu m'avais dit, dors-tu toujours en pull l'hiver et serais-tu troublé que je te tiennes la main? J'avais répondu tous ça dehors sur les trottoirs cassées sous les rocades et en plein bruit. Fais comme il te semble bon tu avais répondu crois-tu en Dieu? Les chambres doubles ne sont pas faites pour les amoureux et la vapeur des raviolis enfumait nos pas. Sais-tu conduire une bicyclette , non j'avais répondu pour mentir m'apprendras-tu ? Il y avait trop peu de sucre brun dissous sur le dessus du lait de soja tiédi mais je n'avais pas osé te le dire.
Allons donc chercher un truc prisonnier de l'ambre, et mon coeur tremblait pas qu'un peu.
26
Il ya cette fois une ferme de crocodiles en face de chez moi, un orphelinat, une église à croix bleue, un restaurant indien et deux hotels de passes, une poste et des fruits en étal. Le bruit du manège des taxis ne m'atteint pas car le double vitrage m'aseptise. Je pense une larme à l'œil aux crocodiles plus que de raison. Je profite des derniers délices de la pluie car c'est bon.
27
J'ai les quarantièmes rugissants à croiser plus tard et ça me guette. Je m'imagine surveiller l'an d'un haut de mirador. J'aurais souhaité le temps prisonnier comme tout le monde, la décade éternelle et ne jamais dépasser le trente en ville mais ce n'est qu'utopie. Utopie pour un con, requiem pour deux ans. Heureusement, j'ai un clop au bec.
28
Au Ruinard
Je carli Bruni
Au Henriot
je nikki Sarko
Au Debussy
j'écoute la nuit qui s'envole dans une douceur sans pareille au même.
la rage ne s'éteint pas la lumière fût.
29
Propagande
Scolopendre
Militante
en salle d'attente
que demain soit déjà trop tard
que demain soit encore
et toujours merde
combat
et re-combat
et diatribe
et vilipende
et scolopendre
propagande
Militante
démagogue
que le monde s'achève seul
les temps heureux, nomades, néolithiques
c'est loin déjà tout ça
c'est trop tard déjà pour tout ça.
30
je ne fais plus rien d'autre que t'écrire des je t'aime
je ne suis plus grand chose que je t'aime
je ne suis plus grand chose
plus grandiose
plus grand
plus gras
plus dégoulinant
plus baveux
syrupeux oui j'ai mis un Y
comme en anglais
comme en gabonnais
comme en Bohême
comme en Tartare
cru
comme en Navarin
cuit
j'ai mal à la langue , aujourd'hui tu n'en goûteras que la pointe.
31
tais-moi fait moi silence
tête-moi fait moi silence
t'es moi fait moi silence
taie moi fait moi oreiller
taille moi, fait moi de l'air
taille fine fait moi danser
emmène-moi encore hors des pierres de taille
vers les hors-de-moi
loin des hordes de moi
ma foi
aime moi encore si tu veux que je me taise
aime moi encore si tu veux que je me taille
la mine
que je sois crayon
que je sois rayon
que je sois, solaire
que je sois, taille basse
pantalon
poltron
prends moi la taille
oui prends moi encore
ajuste moi bien
prends-moi pour cible
prends-moi pour sable
je m'écoulerai dans ta main
je ne m'écouterai plus chanter.
32
Ça fait combien de temps qu'on a pas cassé la Kassav
Que t'a pas mangé le pot du piment
que j'ai pas regardé les chaumes de canne qui crament
qu'on n'a pas zouké que t'as pas mis ton paréo
qu'on a pas biguiné une nouvelle histoire
que l'ouragan t'as pas parlé
que les crabes ne se sont pas planqués dans leurs trous.
c'est tout.