Le poèmes la vie, l'amour, la mort , la santé, les gens et le fric et l'âge du capitaine me sâoulent.
A force de me foutre de ma propre dépression je vais en fait me demander si je n'en ai vraiment pas une.
Ya des jours comme ça ou la balançoire reste bloquée par manque d'huile.
Les déménageurs m'ont piqué un carton avec les accessoires de ma Fender. Je m'en remet dificilement, et en particulier mon caractère Talioniste.Mon coeur se noirci d'une manière inquiétante drrière le sacro-saint rituel du sourrire. Tout cela m'inquiète quelque peu. Tout ça pourquoi?
J'écrit en essayant d'enlever un peu du language familier mais dur-dur. Bordel, bite ,couille, ce sont certainements les ponts qui me permettent d'écrire tout-court. les ponts entre le beaux et le moche.Entre le juste et l'injuste. Le join qui colmate l'incertutude. Assez de blabla je poste un brouillon de cerveau:
C'est comme si j'avais fait exprès de louper cet avion pour Sarawak. Après la sixième Guinness, hier au chant des animaux nocturnes, l'envie m'en est brusquement passée.
Une ville, une autre ville, une plage, une autre plage, et le roman de Christine qui tournicote planté la dans un quartier de ma tête pelé à vif : on dirait bien que je saigne. Une migraine terrible m'a terrassé dès le réveil, j'avais envie de me barrer à Liège, tiens, de me faire casser la gueule par la pluie, dans un ciré jaune, et de me plonger les yeux dans la Meuse jusqu'à ce que mon orbite devienne boueuse, que mon coeur amorce sa décrue. C'est une vieille connaissance. Sauf que je n'ai pas de ciré jaune. Et que j'ai certainement simplement rêvé cette douleur aux tempes qui me cloue si près du sol. Je joue des Mi sur la quatrième corde de ma Fender. Cela fait des Mi. Doublés, redoublés, des quartes et des triolets, des silences et toujours des Mi. J'attrape une quinte de toux après la dixième clope. A noter que je n'ai toujours rien fait.
Hier au Jardin botanique, je n'ai pas fumé pendant des heures: j'avais besoin de la voix de Julia près de moi et du vert-monde. J'avais? J'ai besoin. J'ai besoin de ces sons d'un bruissement de feuille, d'un bruissement d'une corde vocale amie. Le tout simule un cendrier dans lequel je peux écraser pour un temps le brasier qui me fait luciole à plein-temps.Je ne devrais pas fumer comme ça, je sais, je ne devrais pas bosser comme ça, je ne devrais pas aussi me cogner tout le temps contre les montants des lampadaires de ma ville: il n'y en a pas. C'est comme si l'ordinaire me tue. Comme si le plus loin existe par-delà du déjà très lointain: ici. Le monde se fait puits insondable où mon regard cherche la dernière rangée de briques avant les confins . Je vis penché.Je veux voir l'eau. Elle qui me vient à la bouche mais ne me fait plus l'humeur salée. Elle m'attise. A me pencher je vais finir avec une scoliose de l'existence.
Demain je me casse à Manille regarder la lèpre de près. J'ai besoin de voir. Ne plus dire, ne plus écrire, ne plus décrire, ne plus décrier. J'ai envie de me sentir sale dans ma peau propre et mes draps-cotons. Bidonville. Le mal-être dont je souffre est une fumisterie sans doute sans nom sans plus : que n'ai-je pas fait encore qui me manque tant ? Crever pour cinq minutes et en recueillir les sensations? Les rêves et désirs se présentent à moi et s'achèvent sans failles. Assez. J'ai envie de voir des enfants jouer. J'ai envie de voir des enfants mourir. J'ai envie de me tourner . Que la vue du sang et de la peste me ramène en position droite. Un peu de peur et un peu de honte pour de vrai. A vomir pour de vrai, enfin. S'y appliquer et en tomber à genoux.
Vomir à raison. Vivre à raison.